23 janv. 2017

Migraine













Anne-Laure Buffet développe cette idée de répercussion physique des violences psychologiques, sur son site internet et dans ses conférences.

Une belle émission sur la migraine : "Comme une ombre", de Loris Bardi.




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https://www.tipeee.com/julieguillot


16 déc. 2016

Tour d'horizon - décembre 2016


Voici une petite "revue de presse", qui aura mis un peu de temps à voir le jour : je vous propose une brève sélection d'articles, émissions, actus, au sujet des violences scolaires, de l'école en général, de l'éducation, des relations enfants-adultes...Aucune prétention à l'exhaustivité, ni à l'objectivité, bien entendu ! Ce sont simplement des lectures qui m'ont intéressée ou interpellée, ou qui nourrissent mes recherches.






Il semble que l'on parle un peu plus des personnes qui harcèlent/agressent/violentent, quand jusqu'ici les projecteurs étaient généralement braqués sur les seules victimes : une émission sur France culture donne la parole, entre autres, à un ancien élève auteur de harcèlement : "Harceleurs et harcelés : trois récits de violence à l'école", "Les pieds sur terre", France Culture, 21 novembre 2016. 
On y entend aussi une enseignante agressée par un élève,  et un animateur confronté au racisme des adultes et des enfants. Dommage qu'il n'y ait pas également de témoignage d'élèves victimes de la violence adulte (ça reste décidément un angle mort), ce qui aurait donné un panorama un peu moins réducteur de l'expression de la violence à l'école.






Libération publie depuis 2015, à l'occasion de la journée contre le harcèlement scolaire (mise en place en 2015, elle a lieu le 5 novembre),  un long article documenté (et illustré) sur les violences scolaires. Celui de cette année s'intéresse aux témoignages d'anciens élèves auteur-e-s de violences : ""Je ne me rendais pas compte que je lui faisais du mal". A l'école, ils ont harcelés leurs camarades", Libération, 5 novembre 2016.  L'article évacue malheureusement toute responsabilité de la part de l'institution et de ses acteurs adultes : les causes du harcèlement sont vues comme exclusivement externes à l'école... et la violence parentale, si elle est évoquée, n'est même pas nommée comme telle. Vous trouverez sur la même page les liens vers d'autres articles au sujet du harcèlement scolaire publiés par Libé, et en particulier le journal d'Emilie, qui s'est suicidée en décembre 2015, et qui décrit avec une redoutable précision le quotidien d'une élève harcelée (et qui laisse à réfléchir sur le terme récurrent de 'micro'-violences).  





Greg Allaeys, comédien et intervenant dans des collèges, a publié une lettre ouverte à l'animateur, faisant le lien entre ses propos et attitudes humiliantes, qui vont jusqu'aux agressions sexuelles, et les violences qui ont lieu dans les établissements scolaires. Il l'alerte à juste titre sur sa responsabilité en tant que personnage public, et en tant qu'adulte, et interpelle sur l'influence de ce genre d'émission. Il rappelle la gravité du phénomène, qui pousse des élèves au suicide.
Cette continuité de la violence est bien trop rarement soulignée : la harcèlement scolaire n'est pas un phénomène isolé, ni spécifique, et encore moins une caractéristique "adolescente"...





Pour finir, un article un peu plus ancien sur le respect des enfants en crèche et une réflexion sur la collectivité imposée aux très jeunes enfants : un interview avec un éducateur de jeunes enfants, "A la crèche, un tout-petit doit pouvoir faire sa vie". 



Si vous avez lu/vu/entendu d'autres choses sur le sujet, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires.


Bonnes lectures, et bonnes vacances ! 





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5 déc. 2016

Retour au collège (3)















[1] "Le gestionnaire matériel assiste le chef d'établissement pour tout ce qui relève de la gestion administrative, matérielle et financière : entretien des locaux, sécurité, organisation de l'accueil, de la restauration, de l'hébergement, etc. Il dirige l'ensemble des personnels administratifs, ouvriers et de services. Il peut aussi être l'agent comptable de l'établissement." (source education.gouv.fr) Tous les établissements ne disposent pas d'un-e agent-e comptable : un-e agent-e comptable a souvent en charge plusieurs autres établissements, qui eux ne disposent alors que d'un-e gestionnaire. 





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19 oct. 2016

La salle des profs


 




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4 oct. 2016

Un café ? - Soutenir le blog

Désormais, vous pouvez si vous le souhaitez, soutenir ce blog - ainsi que son cousin Tout va mieux - en faisant un don sur Tipeee.


Tipeee est une plateforme de financement participatif qui permet de soutenir des créatrices et créateurs sur le web (videastes, journalistes, dessinatrices-eurs, etc). 

Le principe est simple : vous pouvez donner à la hauteur de vos possibilités et de vos envies, à partir de 1 euro, une seule fois ou régulièrement.
Je reprends à Deimian l'analogie du café : si vous appréciez ce que je fais, vous pouvez me donner un petit coup de pouce en m'offrant l'équivalent d'un café par mois. 


Il n'y a ni obligation ni engagement : vous êtes libres de donner ou non, le montant que vous souhaitez, régulièrement ou ponctuellement, et de cesser de donner quand vous voulez.

Quoi qu'il arrive, qu'il y ait ou non des dons et quel que soit leur montant, le contenu du blog restera libre et gratuit pour tout le monde. 

Pourquoi ai-je recours à Tipeee ? 

Jusqu'ici, je vivais en partie d'allocations chômage qui m'ont permis de ne pas travailler à plein temps sur d'autres projets et de consacrer du temps à ces blogs, qui ne représentent aucune source de revenus mais demandent un temps considérable, ainsi que du matériel de dessin. J'y consacre plusieurs jours par mois : lectures, veille sur Internet, recherches, écriture des scénarios, dessin, mise en forme sur photoshop... Chaque billet représente de nombreuses heures de travail. Si je veux continuer à publier régulièrement, je dois trouver d'autres moyens de les financer. Je ne reçois plus d'allocations et ne gagne pas encore suffisamment en tant qu'illustratrice pour en vivre.

Tipeee représente donc pour moi un soutien possible pour continuer à faire vivre ce blog de façon satisfaisante, en proposant un contenu régulier. Ce n'est pas l'unique solution que j'envisage, et je compte bien faire mon possible pour continuer à le mettre à jour quoi qu'il arrive. Mais plus j'aurai de temps à y consacrer, et mieux ce sera !


C'est aussi un moyen d'éviter d'avoir recours à la publicité, de rester indépendante et de proposer un contenu que j'ai choisi de placer dans le domaine public, qui est donc librement ré-utilisable et modifiable par chacunE (voir l'article à ce sujet sur le blog Tout va mieux). 

C'est particulièrement important pour moi concernant ce sujet du harcèlement scolaire : mettre à disposition ce contenu signifie que des élèves, étudiantEs, enseignantEs ou toute autre personne participant à l'institution scolaire peut se le réapproprier, le diffuser et peut-être, même à une toute petite échelle, faire changer les choses.

Ce blog centré sur la question du harcèlement et de la violence scolaire est un projet qui me tient à coeur et que je mûris depuis plusieurs années. J'avais au départ pour objectif d'en faire une publication, ce que je ne perds pas de vue : votre soutien pourrait aussi m'aider, à terme, à éditer le contenu du blog lorsqu'il sera suffisamment conséquent. 

Vous trouverez sur le site de Tipeee toutes les explications sur le fonctionnement (c'est ultra-simple) et les réponses à des questions que vous pouvez vous posez, comme par exemple Pourquoi payer pour un contenu que je peux avoir gratuitement ?

J'aurai l'occasion de parler plus longuement, sur le blog Tout va mieux, du principe du financement participatif qui pose plein de questions intéressantes (et qui a aussi ses limites et ses abus, selon les contextes).

Quoi qu'il en soit, vous êtes libre de ne pas adhérer à ce principe tout en continuant à lire mes BD et mes articles et à les diffuser ! Il y a bien d'autres façons de m'aider, ainsi que vous le faites déjà : en postant des commentaires, en m'écrivant des mails, en me suggérant des lectures, des conseils, en me partageant vos connaissances, en publiant mes billets sur d'autres sites, en les réutilisant dans différents contextes... Pour tout cela, je vous remercie à nouveau chaleureusement ! 

Je suis extrêmement touchée par les messages que je reçois de personnes qui ont subi des violences à l'école, au collège ou au lycée, ou par les parents dont les enfants sont concernéEs par ce problème. Et cela me conforte dans la nécessité de poursuivre ce travail.

Si donc vous pouvez et souhaitez me soutenir par des "tips", ou encore en parler autour de vous, je vous en serai infiniment reconnaissante !

Merci d'avoir pris le temps de lire ce billet, et à très bientôt pour un nouvel article !

                                                                                                 Julie

1 sept. 2016

"Harcèlement à l'école, que faire ?"

" A partir d'un certain moment, Grégoire n'a plus qu'une seule idée en tête :
fuir le plus loin possible de façon à mettre entre ses bourreaux et lui
la distance la plus extrême."
(Harcèlement et brimades entre élèves, Jean-Pierre Bellon et Bertrand Gardette)
 
Que faire quand on est victime de violences scolaires ? Que faire quand on est parent d'unE enfant victime de violences scolaires ?

Sur les sites officiels, et dans les ouvrages de spécialistes, la réponse est simple et unanime : il faut "en parler".

En parler à ses parents. Aux adultes.
En parler à l'institution scolaire. Aux surveillantEs. Aux CPE. Aux professeurEs. Au chef d'établissement.

C'est l'établissement scolaire, dans lequel les violences se produisent, qui est considéré comme seul habilité à résoudre le problème. ça ne doit pas en sortir.

Encore faut-il avoir suffisamment confiance envers les adultes pour se confier à eux. Encore faut-il qu'ils et elles soient capables de répondre adéquatement et de "résoudre effectivement" le problème. Aujourd'hui, malgré les campagnes de prévention sur le harcèlement scolaire, c'est encore loin d'être le cas. Et les solutions proposées sont rarement adaptées, voire carrément problématiques (comme la médiation par les pairs, par exemple. Mais j'y reviendrai).

Nombreuses sont les situations où les interventions des parents et les sanctions à l'école, ne font que renforcer et aggraver le harcèlement.

Il n'est quasiment jamais indiqué aux élèves et aux parents qu'ils peuvent porter plainte, contre les élèves agresseurs, et contre l'établissement scolaire. Bien que ce droit existe.
Pour autant, je ne crois pas personnellement qu'un recours pénal soit une solution saine, encore moins s'il s'agit de traîner en justice et de faire condamner des adolescentEs (à partir de 13 ans, l'agresseurE risque une peine de prison).

Mais il existe pourtant d'autres choses à faire, des choses simples, de bon sens, qui devraient être évidentes face à une situation de violence. 

Que se passe-t-il lorsqu'unE adulte est victime de harcèlement moral et/ou sexuel sur son lieu de travail ?
Très souvent (en fait, dans la majorité des cas), il ou elle va voir un médecin qui lui prescrit un arrêt de travail plus ou moins long. Ces arrêts maladie, comme les prescriptions médicamenteuses et tout ce qui a trait à l'état de santé de la victime pourront être utilisés comme des moyens de prouver le harcèlement dans le cas d'une procédure.

Au-delà de la question juridique, c'est la santé physique et mentale de la personne victime de violences qui est en jeu : un arrêt maladie ne résout pas le harcèlement, mais il permet, pour une période plus ou moins longue, de souffler, de reprendre des forces, éloignéE et protégéE des agressions répétées. Parfois cela aboutit à une démission, une rupture conventionnelle de contrat ou un licenciement. Le harcèlement a des conséquences graves sur la santé. Des conséquences qui peuvent aller jusqu'au suicide, il n'est jamais inutile de le rappeler. 

Supporter une situation de harcèlement, d'injures, d'exclusion, d'humiliations, de violences physiques au quotidien demande une énergie psychique et physique considérable.

Si un adulte ne peut le supporter sans dommages (parfois très sérieux), qu'en est-il d'unE enfant ou d'unE ado ? 

L'arrêt maladie, unique ou répété, est hélas bien souvent le seul recours face à une situation de harcèlement au travail.

Et pourtant, il n'est jamais conseillé aux élèves et aux parents de fuir l'école lorsqu'elle devient lieu de maltraitances et de destruction. Nous vivons dans une société éminemment scolaire : l'école n'est plus un droit, mais un devoir, une nécessité absolue, et une obligation inaliénable.
La possibilité qu'unE élève victime de violences puisse quitter l'école pour une période plus ou moins longue (voire définitivement), ne semble même pas se poser. Au mieux, on parlera de "phobie scolaire", pathologisant une réaction de refus qui est certainement beaucoup plus saine que le silence et la soumission. Et lorsque les psy prennent en charge cette phobie, c'est en général avec pour objectif ultime le "retour à l'école" [1].
Le "décrochage scolaire" et la déscolarisation sont considérées comme des "conséquences graves" du harcèlement.

Bien des parents n'envisageront même pas le retrait de l'école, tissés jusque dans leurs cellules de la certitude que la scolarisation est indispensable à leur enfant. Ne plus y aller, même simplement quelques semaines ou quelques mois, signifierait prendre du retard, perdre le rythme, se déshabituer du travail et de l'effort, n'obtenir aucun diplôme, ruiner son avenir et finir sous un pont. Il faut donc y aller, quoi qu'il arrive. 

Mais qu'apprend-t-on en situation de harcèlement ? Quel avenir se construit-on ? Les enfants et adolescentEs harceléEs à l'école s'insèrent moins bien dans la vie professionnelle et ont plus de problèmesfinanciers.

Une autre crainte est celle de la "désocialisation". Question vite réglée : de quelle "socialisation" bénéficie unE élève harceléE à l'école ou au collège ? Quelles séquelles ce harcèlement, surtout s'il est prolongé, laissera-t-il sur ses capacités relationnelles ?

Dans le trailer du film "The Bully Project", on voit un jeune garçon continuer d'aller au collège où il subit de graves violences. Bien que la situation soit connue de l'institution, aucune solution n'est apportée. Et ses parents, désemparés, ne semblent pas avoir seulement l'idée de retirer leur fils de cet enfer. Ils souffrent pourtant eux aussi de cette situation, et ne manquent pas d'empathie pour leur enfant.

L'école n'est pourtant pas obligatoire. On l'oublie trop souvent. 

Il y a bien d'autres manières d'apprendre qu'entre les murs de l'école de la République [2].

Et quand elle devient un lieu dangereux, il peut être raisonnable de la fuir. Pour une semaine, un mois, un an. Ou pour toujours. Pour aller ailleurs, dans une autre école, dans un autre système, ou pour rester chez soi. Pour faire une pause, se reconstituer, retrouver ses forces, soigner ses blessures. Et se donner les moyens d'une vie vraiment réussie, d'une réelle socialisation, de relations épanouies. 

Fuir, ce n'est pas nécessairement un échec. C'est parfois un élan vital.

Bonne rentrée !


[1] voir à ce sujet par exemple les travaux de Nicole Catheline, Les années-collège, Le grand malentendu. On trouvera aussi pléthore d'articles et de recherches sur Internet. ↩
[2] par correspondance, dans une école alternative, mais aussi en-dehors de toute scolarisation. Le récent film "Alphabet" de Erwin Wagenhofer en montre un bel aperçu. ↩